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La Chapelle Sainte-Anne des Pouhons, à Harzé

Le terme "pouhon" provient du wallon "pouhî" signifiant "puiser". Le pouhon est une source d'eau minérale pouvant être ferrugineuse ou saline ou bien encore alcaline ou sulfureuse.

Cette source, selon son importance donne parfois naissance à un ru, voire même à un ruisseau. C'est le cas dans le Bois du Pouhon à Harzé, là où est établie dans un écrin de verdure la mystérieuse chapelle Sainte Anne ...

Le temps du fer ...

La construction de la chapelle remonte au 16e Siècle (1524). Il faut savoir qu'au 15e Siècle déjà, l'industrie du fer était une activité très répandue à différents endroits du territoire de la commune d'Aywaille. De nombreuses forges et fourneaux virent le jour dans plusieurs villages et plus précisément là ou coulait l'eau nécessaire à leur fonctionnement (les soufflets servant à activer les feux des fourneaux étaient actionnés au moyen d'une roue hydraulique).

Avec le développement de toutes ces activités, les populations s'étaient densifiées aux alentours de Harzé, Nonceveux ou encore Quarreux et souhaitaient disposer d'un lieu de culte afin de satisfaire à leurs obligations chrétiennes.

Le maître des forges, Collienne de Neufforge, dit "des Pouhons", avait établi ses ateliers le long de ce ruisseau. Cet écuyer, seigneur de Warge et de Crossée, était un industriel puissant qui possédait plusieurs établissements C'est lui qui prit l'initiative de faire construire la chapelle tant réclamée.

Dédiée à Sainte Anne et à Saint remacle, elle allait porter le nom de "Chapelle Sainte Anne des Pouhons". Le 4 septembre 1524, le Prince-Evêque Érard de la Mark en approuva la fondation. La chapelle fut construite à côté de la demeure du très riche industriel. Celle-ci fut ensuite démolie en 1862.

Pieux et prévenant, Collienne de Neufforge attribua une habitation au recteur de la chapelle pourvu qu'il s'engagea à dire - ou à faire dire - quatre messes basses par semaine ainsi qu'une messe dominicale. Chaque nouveau recteur devrait ensuite, impérativement et à perpétuité, être un membre de la famille "de Neufforge".

En 1782, la chapelle était dans un état lamentable, laissée à l'abandon. L'état menaçant de ce que l'on pouvait appeler "ruines" plaida en la faveur de l'abandon de la célébration des offices. L'Archidiacre du Condroz pris la sage décision de les y interdire et les populations locales durent alors se tourner vers l'église de Harzé ou vers la maison vicariale des Pouhons.

La chapelle fut entièrement restaurée en 1789 mais la pratique du culte n'allait guère durer puisque survint l'occupation de notre pays par les troupes françaises. Et chacun sait que cette occupation véhiculait avec elle une véritable déchristianisation du peuple. La chapelle fut donc une nouvelle fois fermée.

Après l'occupation française, la chapelle fut réouverte et les offices reprirent. La messe dominicale fut encore dite jusqu'en 1925, date à laquelle on mit fin aux offices religieux tant ce petit bâtiment sombrait dans l'oubli, tombant en ruines.

La petite église de Houssonloge fut alors construite, à l'initiative de Messire Edgard de Potter d'Indoye, châtelain de Harzé. Tous les objets de valeur ornant la chapelle Sainte-Anne furent transférés à l'église de Houssonloge. La chapelle était une nouvelle fois laissée à l'abandon et il n'en fallut pas davantage à Dame Nature pour qu'elle reprenne possession des lieux rendant ainsi l'accès à cet édifice quasi impraticable.

La Renaissance ...

Dis années plus tard, en 1935, le Gouverneur de la Province de Liège, Louis Pirard, pris des dispositions pour faire remettre en bon état la route menant à la chapelle. Le culte y fut alors rétabli. Au cours de cette même année 1935, le docteur Louis Thiry fut l'initiateur d'une confrérie visant à rendre un peu d'intérêt à la chapelle. En 1937, après avoir une nouvelle fois été restaurée, la chapelle Sainte-Anne fut classée par la commission des Monuments et des Sites. La décision de son classement sera confirmée par la suite grâce à un arrêté de l'Exécutif de la Région Wallonne en date du 20 novembre 1986. L'intérieur de cet humble édifice est constitué d'une imitation d'autel style renaissance en bois peint, de deux tableaux récents représentants des scènes de la Passion, d'un chemin de croix lithographié et d'une statue moderne de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus.

La toiture de la chapelle a fait l'objet d'une restauration en 2003 et est d'une qualité exceptionnelle. Les matériaux utilisés sont des ardoises de la Vallée de la Lienne.

Chaque année, le dimanche le plus proche de l'Armistice (11 novembre) et ce depuis 1973, on célèbre dans la chapelle la fête de Saint-Hubert au cours de laquelle plusieurs dizaines de chevaux et d'attelages mais également des chiens de toutes races viennent y recevoir la bénédiction. Des sonneurs de trompes animent cette manifestation à l'issue de laquelle on distribue du pain béni aux animaux présents.

Dans une clairière bien aménagée, située quelque peu avant la chapelle, on peut participer à un barbecue géant où se retrouvent bon nombre des participants présents lors de la cérémonie religieuse.

Soulignons le fait que ce rituel est organisé par l'Association des Amis de la Chapelle Sainte-Anne des Pouhons (*). Cette organisation reçoit également l'assistance de l'Association Régionale de Tourisme Équestre de la Province de Liège.

Ce texte est basé sur une parution de l'agenda mensuel de la Fédération du Tourisme de la Province de Liège (novembre 2004, Anne Exteen).

(*) asbl les Amis de la Chapelle Sainte-Anne des Pouhons, 086.43.36.05

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